Escale à
Ilhéus, Brésil
Quand on met pied à terre à Ilhéus, on a d’abord cette impression de douceur. Quelque chose d’indéfinissable, comme un air de Bahia qui flotte, un parfum de cacao mêlé à l’iode de l’Atlantique. Ici, on ne court pas. On flâne, on se laisse happer par une rue pavée, un sourire, une musique lointaine qui s’échappe d’un marché.
Les façades colorées du centre historique racontent une époque où Ilhéus était la capitale du cacao. Le Bar Vesúvio, figé dans le temps, semble encore attendre Gabriela, personnage mythique de Jorge Amado, le célèbre écrivain. Juste en face, la cathédrale São Sebastião, éclatante sous le soleil, domine la ville. On pousse une porte, on se perd dans une librairie, on se laisse tenter par un chocolat chaud épais, presque noir, reflet du terroir qui fait la fierté de la région.
Puis, sans vraiment s’en rendre compte, on quitte les ruelles et on rejoint l’océan. Praia dos Milionários, bordée de cocotiers, invite à s’allonger, à sentir la chaleur du sable sous les doigts. Plus loin, Praia do Norte s’étire à perte de vue, sauvage, libre, balayée par un vent tiède. On s’y attarde, on regarde l’eau jouer avec le rivage, on oublie l’heure.
Et puis, il y a ces fermes de cacao, cachées dans l’arrière-pays, où les cabosses mûrissent lentement sous une lumière tamisée par la canopée. Ici, les fèves sont triées à la main, séchées avec patience, transformées en un chocolat au goût brut, puissant, presque tellurique. On en goûte un morceau, on ferme les yeux. Bahia est là, dans chaque arôme, dans chaque grain de sucre qui fond sur la langue.

Ilhéus, c’est un parfum de cacao et de sel, un livre qu’on ne referme jamais vraiment, une Bahia qu’on emporte avec soi.



